Le Kung-Fu en général
Genèse du Kung-Fu
Le Kung-Fu serait né de la combinaison d’une boxe indienne et d’une lutte gréco-romaine ancestrales, "importées" dans la Chine antique par un prêcheur bouddhiste venu d’Inde, Bodhidharma. Vers l’an 525, durant son voyage en Chine, il découvrit le monastère Shaolin, dont les moines étaient en piteux état physique, du fait de leur état contemplatif.
Il développa des exercices qu’il leur enseigna afin d'unir l'harmonie spirituelle et la force physique. Pour permettre aux moines de se défendre des animaux et des brigands qui rodaient autour du monastère, il leur enseigna 18 mouvements de bases.
Le Kung-Fu était en partie né, et, avec des années de pratique et d’observation de la nature, et des animaux en particulier, les moines Shaolin développèrent leur art de combat.
Généralités sur le Kung-Fu
Les arts martiaux sont axés sur une étude d’enchaînements de techniques (appelés katas dans les arts martiaux japonais ou taolus dans les arts martiaux chinois). Cette étude a une application directe dans le combat et constitue la base des attaques et des parades réalisées. L'absence d'intention réelle de nuire dans les arts martiaux permet de travailler des situations dangereuses telles que l'affrontement à mains nues contre un couteau ou un sabre. La pratique d'un art martial ne se limite pas à ces enchainements de techniques, même s'ils sont un pôle important de la transmission. La pratique d’un art martial va au-delà de l’acquisition de techniques de combat, et peut se traduire idéalement par un épanouissement aussi bien physique que spirituel.
La Motivation
La motivation se développe avec la pratique, tout comme la puissance de la volonté. Les raisons qui peuvent pousser à pratiquer un art martial sont multiples :
- Maîtriser les techniques de self-défense et de combat ;
- Développer ses capacités physiques (à noter : le Mansuria Kung-Fu est un art très adapté à la croissance des enfants dans la mesure où il est basé sur le développement musculaire et sur les étirements) ;
- Améliorer sa coordination, ses réflexes, sa vigilance, sa rapidité, etc.
- Pratiquer une activité physique permettant de se défouler ;
- Reprendre confiance en soi (après une période de maladie par exemple).
Les Positions
Le Kung-Fu est un art martial externe, dont les techniques sont basées sur des positions et des postures particulières du corps. L’intérêt de la posture est multiple :
- Renforcer les muscles, os et articulations des jambes et du reste du corps afin de frapper et d’être frappé sans blessure ;
- Permettre des déplacements rapides dans toutes les directions, en exposant le moins possible ses points vitaux ;
- Mettre le corps dans des positions optimales pour enchaîner les techniques offensives et défensives. L’étude des comportements naturels des animaux lors de combats a permis de fonder des techniques spécifiques que l’on retrouve dans les différents styles ;
- Forger la volonté en tenant longtemps la même posture.
Ces positions, qui sont initialement des positions de travail, vont être appliquées lors des combats.
La Respiration
La technique de respiration est essentielle dans tout art martial. Émanant du ventre, la respiration accompagne les mouvements du pratiquant : chaque mouvement correspond soit à une inspiration, soit à une expiration. L’expiration ventrale va permettre l’expulsion du mouvement en accroissant sa puissance.
La respiration est un élément à part entière du mouvement conformément aux principes biomécaniques. La respiration, relayée par la voix du pratiquant, peut constituer un élément de surprise pour déstabiliser l’adversaire ou lui faire peur.
Les Taos
On trouve dans le Kung-Fu de très nombreux combats chorégraphiés, appelés Taos, qui opposent le pratiquant à des adversaires imaginaires. Ces séquences, de difficultés variables, et constituées d'une dizaine à plusieurs centaines de mouvements, servent à l'entraînement individuel du pratiquant.
Les Taos sont propres à chaque école, à chaque style. Il en existe pour le combat à mains nues comme pour le combat armé. Le maître, appelé Sifu, tente de le transmettre à son élève en conservant l'essence de l'art.
Toutes ces caractéristiques, fondement de tout style de Kung-Fu, font partie intégrante du Kung-Fu Mandchou.